Bruxelles (Royaume de Belgique), le 12 novembre 2017-La capitale du Royaume de Belgique a abrité du 07 au 12 novembre 2017, la quatrième réunion des Ministres de la Culture ACP. La Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC) a été représentée par  le Secrétaire Général adjoint de la CEEAC, en charge du Département socioculturel Monsieur Andrès ODU MBA MOKUY à la tête d’une délégation à laquelle faisait partie le Directeur Général du Centre international des civilisations Bantu le professeur Antoine MANDA TCHEBWA, une illustration d’une synergie interinstitutionnelle qui participe de la
concrétisation en temps réel d’une des stratégies de la CEEAC d’aider à la redynamisation des activités du Centre. 

la délégation commune CEEAC-CICIBA a pris une part active aux travaux de la quatrième session des Ministres de la culture du groupe ACP autour du thème général : « Faire de la culture un investissement d’impact dans la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». La délégation venue de Libreville, elle, a été invitée à prendre la parole, lors de la première session des Assises, sous le panel chargé de réfléchir sur « La culture en tant que moteur de la croissance économique et de l’emploi ». Un sous-thème qui résonne de toute son actualité en cette période où, faisant face aux crises persistantes que posent l’instabilité et la chute des cours des matières premières extractives, le cas du pétrole, le monde est à la recherche de nouvelles alternatives à la production des richesses.

Dans un premier temps, le Secrétaire Général adjoint a rappelé, à l’intention des pays membres du Groupe ACP présents, l’historique, le rôle et la place de la CEEAC au cœur du dispositif de développement économique des pays d’Afrique centrale. Autant que ses ambitions de paix et d’optimisation de la circulation des personnes et de leurs biens au sein d’un espace de destin commun. Dans son intervention, le professeur Antoine Manda Tchebwa a brièvement rappelé le rôle que s’est assigné le CICIBA, dès sa fondation en 1983, dans le grand et exaltant combat que pour l’optimalisation du développement durable en exploitant au mieux les ressources de la diversité culturelle de l’Afrique centrale. Le magnifique « Powerpoint » préparé à cet effet par les deux Institution a permis de visualiser la variété des créations esthétiques de l’Afrique centrale, susceptibles d’être inscrites dans une économie culturelle suffisamment structurée.

Il est un fait que pour bâtir une économie de la culture plus performante et profitable à tous, les pays ACP se doivent d’intégrer la logique qui commande les nouvelles règles de l’économie mondiale : politiques culturelles, économie de marché, respect strict de la propriété intellectuelle, la révolution numérique…

A ce jour, 34 pays sont membres de la CISAC et de bien d’autres structures régionales vouées à la protection des droits d’auteur. Il se trouve qu’au cours des dernières décennies l’industrie créative s’est laissée, elle aussi, happée par de nouvelles possibilités permettant de créer et de diffuser les œuvres d’art et de culture à des vitesses et des formats qui n’existaient pas avant. Du coup, les rémunérations des créateurs liées à ces technologies s’avèrent très faibles, les géants du WEB profitant des lacunes du cadre juridique classique. Il faut donc majorer le niveau de protection en même temps que l’économie de la culture devra subir une mue adaptée aux nouvelles exigences de la diffusion et de la circulation des œuvres de l’esprit.

A toutes ces questions et à bien d’autres, la CEEAC en partenariat avec l’OIF et l’UNESCO y a consacré en 2013, une réflexion plus pointue et réaliste qui a abouti à un plan stratégique à multiples volets qui consiste à :
1.      Accompagner les Etats membres à mettre en œuvre leurs politiques culturelles
2.      Faciliter la circulation des acteurs et leurs produits
3.      Aider à la création d’un centre de formation aux métiers de la culture
4.      Instituer une conférence annuelle des Ministres
5.      Faciliter l’accès des acteurs culturels aux financements
6.      Encourager l’élaboration d’un statut pour les artistes et les professionnels de la culture
7.      Adopter une stratégie de lutte contre la piraterie et appuyer la création d’une banque de données culturelles sous-régionale


ACP BXL 03 550Ce plan concerne, évidemment, toutes les industries à vocation culturelle et créative. Industries qui regroupent aujourd’hui les arts (arts de la scène, arts visuels, arts numériques et musique) ; les multimédia (jeux vidéo, conception d’environnements multimédia…) ; les média, ce qui comprend la production audiovisuelle (film, télévision, vidéo) et l’édition (livres et journaux) ; la mode et les services créatifs comme la publicité, la communication, l’architecture d’intérieur…

A travers les axes stratégiques imaginés par la CEEAC et ses partenaires, sont visés, entre autres : la possibilité de regrouper sur des territoires donnés des pôles de compétitivité autour des entreprises culturelles porteuses de croissance économique ; le développement de l’économie de la connaissance capable de conjoindre savoirs et compétences ; la chaîne des valeurs capables de conférer un avantage concurrentiel ; l’économie créative elle-même susceptible de
faire circuler un capital intellectuel, générer des revenus, des emplois et des recettes d’exportation tout en contribuant à l’inclusion sociale, la diversité de la culture et le développement humain.
Il est temps de penser également à une notion comme le « compte satellite » pour la culture dont l’expérience canadienne montre, dans le cadre de l’analyse économique globale de la comptabilité nationale, une possibilité d’accroître les richesses provenant social, culturel, environnemental…

Cela renvoie à imaginer dans la panoplie de plans de développement de la culture quelque chose de l’ordre de ce qu’on nomme aujourd’hui « investissement d’impact ». Il s’agit d’un investissement à but social permettant de placer des fonds dans des entreprises rentables économiquement en vue de faire circuler un capital intellectuel à fort impact social.
L’objectif de tant de stratégies est, on le voit, de juguler de l’absence chronique d’une économie culturelle de masse capable de trouver des réponses idoines à la problématique du chômage de jeunes, femmes (8/10 de femmes en Afrique) et artistes professionnels. Groupe vulnérable dans l’espace social africain qui peine encore à trouve une niche généreuse dans leur aspiration d’autonomisation et à un travail honorable et décent.

Pour mémoire, il sied de noter que :
•       ¼ de la population mondiale est âgé de moins de 24 ans, dont plus de 90 % vit dans les pays en développement ;
•       L’Afrique a la plus grande part de jeunes au sein de sa population avec 40% de citoyens de moins de 15 ans ;
•       470 millions d’emplois par an seront nécessaires dans le monde pour les nouveaux venus sur le marché du travail entre 2016 et 2030 ;
•       8,5% de femmes salariées dans le secteur non agricole en Afrique (un des plus faibles taux au monde)

Il y a ici tant de défis qui s’imposent à l’Afrique centrale qui méritaient d’être partagés avec les autres autour de cette table multiculturelle du Groupe des Etats ACP qu’ils méritent un approfondissement dans les jours à venir. Des jalons ont certes été posés, mais l’Afrique, elle, attend des réponses concrètes à ses
problèmes. A cela, la CEEAC et le CICIBA ont, à Bruxelles, tenté, dans les limites de leurs mandats, d’y apporter une esquisse de réponses.
C’est de l’union de tous que dépend la mise en œuvre du chantier de la construction d’une économie de la culture afro-caraïbes plus compétitives, capable de s’inscrire dans un développement durable.

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