le Dr Blaise OSSENE et le Pr Bertrand MBATCHI

A travers son Plan Stratégique de Développement, le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur a résolument choisi de se moderniser. Ici le verbe ‘‘moderniser’’ est à entendre dans sa juste mesure. Il s’agit bien d’opérer à cette vaste entreprise de toilettage qui aidera nos universités à devenir plus modernes, c’est-à-dire plus proches de nos populations, de nos réalités et de notre quotidien. Le CAMES veut donc, pour l’ensemble de ses pays membres, des universités ancrées dans leur environnement. Et, pour atteindre cet objectif, le CAMES s’est entouré d’un ensemble de partenaires au nombre desquels la CEEAC.

 Du 15 au 17 janvier 2014, le Secrétariat Général de la CEEAC a été invité à la ‘‘Réunion des Partenaires Techniques et Financiers autour du Plan Assurance Qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche.’’ Le Secrétaire Général de la CEEAC, Son Excellence, l’Ambassadeur Ahmad ALLAM-MI, a été représenté par l’Expert en Culture et Education, le Docteur David Blaise OSSENE. Au lendemain de cette rencontre, différentes séances de travail ont eu lieu. Il s’en est suivi un accord de coopération, le premier du genre, entre la Communauté Economique des Etats d’Afrique centrale (CEEAC) et le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES). Quel sens et quelle pertinence faut-il reconnaître à cet accord de coopération ?

Dans ses missions en matière d’Education, selon son traité, la CEEAC a le devoir d’accompagner ses Etats membres dans la mise en place de structures visant à :

 

a) - améliorer l’efficacité des systèmes éducatifs existants par la promotion de la formation des formateurs et par la mise en œuvre de méthodes et d’équipements appropriés ;

b)- créer et renforcer les institutions de formation nationales et sous-régionales existantes ;

c)- élaborer des programmes communs de formation mieux adaptés aux problèmes de développement pour assurer progressivement une autosuffisance en personnel qualifié ;

d)- promouvoir l’échange systématique d’expériences et d’information en matière de politique et de planification de l’éducation.

Toutes ces orientationsont un objectif unique : travailler à l’intégration sous régionale par l’éducation. Le CAMES, pour sa part, est à l’origine un outil d’évaluation. Parmi ses différentes activités, il promeut la recherche scientifique et assure la qualité de la formation des enseignants-chercheurs. Par voie de truchement, il garantit la formation de ceux qui sont formés au sein de ces institutions d’enseignement. De fait, le CAMES gère un ensemble d’informations sur les universités et les centres de recherche publics et privés. Aujourd’hui, il tend de plus en plus à devenir l’outil de gouvernance des institutions d’enseignement supérieur.

Par ces différentes missions, le CAMES assure une veille sur la qualité en termes de norme et de processus évolutif des connaissances. De même, il décerne des titres pour attester de la valeur et de l’authenticité du parcours des enseignants et chercheurs. Le tableau ainsi dressé nous permet de comprendre que l’Accord de coopération, qui vient d’être signé, va permettre au CAMES et à la CEEAC de sécuriser le parcours de réussite des populations d’Afrique centrale… et au-delà ! Les quelques lignes d’horizon qui se dessinent d’ores et déjà paraissent bien prometteuses. En effet, cet accord repose sur la connexion de deux objectifs matriciels inhérents à chacune des institutions. Cette entente prend donc comme point de départ, d’une part, les programmes du CAMES qui visent à contribuer de manière positive au développement humain durable par l’éducation, la science, la technologie, la culture, la communication et l’information. Et se nourrit d’autre part par le mandat de la CEEAC qui lui demande de travailler à la promotion et au renforcement d’une coopération harmonieuse et à un développement équilibré, dans tous les domaines de l’activité économique et sociale, en particulier l’éducation, la culture, la science et la technologie. Le lien aujourd’hui établi entre ces deux institutions a pour cible la formation des populations dans leur ensemble.

Pour ce fait, la collaboration entre le CAMES et la CEEAC ne peut pas s’arrêter en chemin… En effet, si elle veut faire des universités des lieux d’excellence, elle postule aussi à développer des dispositifs pour l’évaluation des acquis. Cela permettra de toucher le plus grand nombre. Plus personne ne devra être en marge des lieux de partages du savoir. Le tandem CAMES-CEEAC entend faire progressivement de l’université un lieu d’excellence et de savoirs ‘‘pour tous’’. Il entend tendre une main d’association aux Etats pour faciliter l’harmonisation des programmes d’éducation et de formation. Les populations sans qualification, ayant été fragilisées à un moment de leur parcours d’existence, mais désireuses de s’instruire, d’intégrer sans heurt les voies de l’apprentissage, de la formation et la reconnaissance de leurs acquisitions pourront enfin avoir un espace d’expression valorisant.

L’esprit de ce projet commun est rassurant. Il mêle aux rigueurs de la science l’esprit de grandeur et les valeurs humaines. Il répond aux recommandations de la Deuxième décennie de l’éducation. Par une telle mise en œuvre, six points sur huit de cette recommandation seront remplis. D’ores et déjà, les deux organisations peuvent :

1- s’assurer d’un appui politique plus fort, (...) au niveau régional, continental et international ;

3- promouvoir l’assistance mutuelle entre les Etats ;

5- établir des mécanismes de suivi et de contrôle solides et efficaces à tous les niveaux ;

6- éviter la création de nouvelles structures, en tirant profit de celles existantes ;

7- institutionnaliser la collecte de données, le partage et la célébration des expériences positives et des initiatives entre Etats membres ;

8- institutionnaliser la collaboration et l’assistance mutuelle entre les pays et éviter le double emploi inutile des initiatives.

Par ailleurs, la réflexion conjointe de la CEEAC et du CAMES a fini par montrer une évidence. Les universités doivent devenir des lieux de certification ‘‘pour tous’’ dans l’excellence. La mise en place du système L.M.D., centre d’intérêt commun aux deux organisations, en deviendra la clef de voûte. Elle permettra d’ordonner la diversité empirique des établissements d’enseignement supérieur, de dégager des principes, de préciser des concepts et de fixer des règles. Ainsi, l’adoption et la mise en œuvre concertée du LMD arrachera les universités de notre espace commun à cette forme d’entropie qui réduit l’enseignement supérieur à un outil de certification pour un petit nombre de personnes ayant été jugé aptes à obtenir un grade à partir d’une évaluation. Surtout faut-il rappeler que, dans sa quintessence, la formation universitaire n’est pas faite pour nous limiter à nourrir une ambition personnelle ou pour nous abaisser dans la contrainte du savoir. Bien au contraire, elle est faite pour nous élever dans une dimension qui permet à tout Homme d’entendre ce qu’il ne peut encore voir, de dire des réalités nouvelles ou de nommer nouvellement ces réalités. L’enjeu véritable de l’accord CEEAC-CAMES est de permettre aux universités de mettre à la disposition de toutes les couches de populations des instruments capables de les aider à s’élever, comme au moyen d’échelons, pour atteindre un plein épanouissement. Le second volet de ce pan est de donner aux populations la possibilité de se déplacer dans cet espace sous-régional, poursuivre leur connaissance du monde En un mot, il s’agit de faire des universités d’Afrique des lieux d’excellence et d’accomplissement pour l’ensemble de leurs usagers. Projection idéalisée de la réalité ? Certes, pour le moment. Mais nous pouvons déjà voir sur la page de contractualisation qui attire notre attention la création d’un nouvel espace de liberté. Espace indispensable à la connaissance du monde, nécessaire à la connaissance de soi et utile à la création.

Nous ne pouvons de ce fait négliger aucune compétence, aucune bonne volonté dès lors qu’elle exprime le besoin de s’inviter à la table des initiés. Tel est bien, a minima, l’enjeu de ce protocole d’accord : définir et comprendre comment, par delà les variations de formations et de cultures, les universités d’Afrique pourront produire une main d’œuvre qualifiée et opérationnelle. La première pierre à poser pour y parvenir consiste à conduire leurs publics à une relecture de leur quotidien et à l’appréhender ; à avoir une révélation de leur Etre, du monde que nous créons et de celui que nous projetons de bâtir. Pour y parvenir, nous devons travailler à réduire l’écart qui a séparé, pendant si longtemps, les universités africaines de la majeure partie de ses populations.

 

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