Douala (Rép. du Cameroun), le 01er Août 2017-Ouverture ce matin dans la capitale économique camerounaise de la Réunion de Concertation Régionale Afrique Centrale sur les négociations de la Zone de libre Echange continentale (ZLEC) et la mise place d’une task force régionale du programme d’intensification du commerce intra-africain (le BIAT).

Au cours de la cérémonie d’ouverture, quatre allocutions ont été prononcées, à savoir, le mot de bienvenue aux participants prononcé par le représentant du Secrétaire général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC), monsieur Jules TOUKA, macro économiste au Département de l’intégration physique, économique et monétaire.

M. TOUKA a d’entrée de jeu situé le contexte dans lequel se tient la présente réunion et relevé son importance en ces termes :

L’échéance fixée en 2015, pour l’aboutissement du processus de négociation et réaffirmée  par la 29ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine au mois de juillet dernier pointe à l’horizon, d’où la nécessité de redoubler d’ardeur au travail. Ensuite, le fait que l’Afrique Centrale soit une des rares communautés économiques régionales pilier de l’intégration continentale, à ne pas avoir une zone de libre-échange opérationnelle à ce jour. Enfin, Jules TOUKA a épinglé la crise économique sans précédent liée à la chute des cours internationaux du pétrole, crise ayant des répercussions ravageuses en Afrique Centrale eut égard à la faible diversification du panier des produits exportés. Non seulement le nombre de produits exportés est limité, mais aussi les quelques produits exportés sont destinés à l’état brut dans les marchés autres que ceux des pays du continent. Le commerce intra régional des marchandises du continent restent à un taux dérisoire (2% du commerce total).

Il a également évoqué la problématique de la transformation structurelle des économies, comme une condition incompressible pour bénéficier pleinement de la libéralisation du commerce.

Cette problématique est d’autant plus pertinente, a insisté M. TOUKA, que les pays de l’Afrique centrale disposent d’un potentiel énorme avec des ressources naturelles et minières abondantes, une géographie favorable à la production agricole, une population jeune et dynamique, etc. En l’absence de la transformation de ce potentiel, il est fort à parier que les pays de la sous-région ne pourront pas tirer pleinement profit de la zone de libre-échange continentale qui aboutira à un vaste marché de plus de 1,2 milliards de consommateurs, a  t-il conclut.

Photo D'ensemble ZLE DLADeuxième allocution, celle du Représentant de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique, Bureau sous-régional, le chargé des Affaires Economiques M. TIDJANI Chetima qui a rappelé l’objet de la rencontre, notamment, il s’agira de (01) de parvenir à une position communautaire commune sur les projets de textes juridiques en matière de libéralisation du commerce des marchandises et du commerce des services et des investissements, (02) d’élaborer un projet d’offre régionale pour le commerce des marchandises et le commerce des services, (03), (04) De mettre en place la Task force régionale sur le BIAT en Afrique Centrale et(05) de définir les grandes lignes pour l’élaboration du Plan d’action sous régional de mise en œuvre du BIAT en Afrique Centrale.

Dans son discours d’ouverture, le négociateur en chef ZLE et sous directeur des relations commerciales, régionales et internationales au ministère du Commerce du Cameroun M. Mbarga Emmanuel s’est félicité de la tenue des présentes assises, parce que la situation du continent et celle de la région Afrique Centrale sont très préoccupantes et les chiffres marquant le décalage des échanges commerciaux entre différentes régions par rapport à l’Afrique centrale sont criards. « L'Afrique, qui compte aujourd'hui 55 pays et une population de 1,4 milliard d'habitants, ne représente que 3% du commerce mondial. Bien plus, le commerce intra-africain ne représente que 12% du total des échanges commerciaux de nos pays. Pour des besoins de comparaisons, ce taux  est par exemple 70% en Europe, 52% en Asie, 50% en Amérique du Nord et 26% en Amérique du Sud.

Pour le représentant du ministre du commerce du Cameroun, ces résultats contrastés sont la conséquence des échecs répétés des initiatives entreprises depuis plus près de 60 ans et dont  les plus emblématiques sont le plan d'action de Lagos de 1980 et le Traité d'Abuja de 1991.

Toutefois, il existe une raison d’espérer. Après le lancement officiel des négociations au mois de juin 2016 à Johannesburg, des avancées sont perceptibles. On en veut pour preuve les résultats obtenus lors de la dernière réunion des Ministres du Commerce de l'Union Africaine, qui s'est déroulée à Niamey, au Niger, du 5 au 16 juin 2017, et au cours de laquelle l'on a enregistré des avancées significatives concernant l'adoption des modalités de libéralisation du commerce des marchandises et des services.

Les travaux de la Réunion de Concertation Régionale Afrique Centrale sur les Négociations de la Zone de Libre Echange Continentale(ZLEC) et la mise place d’une task force régionale sur le BIAT vont durer quatre jours.