La République du Congo a tenu son engagement. Le siège du Centre Régional de la Sécurité Maritime de l’Afrique Centrale (CRESMAC) a été solennellement mis à la disposition de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC) le lundi 20 octobre 2014. C’est un immeuble R+3 à usage administratif, situé dans le centre ville de la capitale économique de la république du Congo, à quelques 2km800 des berges de l’océan atlantique (Port Autonome de Pointe-Noire). Organisée en marge de l’exercice multinational « LOANGO 2014 », la cérémonie de mise à disposition du siège du CRESMAC a mobilisé bon nombre de cadres civils et militaires de l’espace CEEAC.

Présentée comme la réponse des chefs d’Etats face à la montée de l’insécurité maritime, l’opérationnalisation du CRESMAC, concrétisée par cette mise à disposition du siège, parait indiscutablement être un premier pas dans la bonne direction. Cependant, l’ampleur des défis suggère réalisme et prudence. La situation est alarmante comme l’a souligné l’Ambassadeur Ahmad ALLAM-MI, Secrétaire général de la CEEAC qui a cité entre autres menaces répertoriées : la piraterie, les attaques à main armée contre les navires logistiques des compagnies pétrolières et les chalutiers, les prises d’otages avec demande de rançon, le trafic d’armes et le trafic humain, ainsi que les multiples attaques venant de la mer sur les villes côtières visant les supermarchés et les banques.

Dans son mot de circonstance, le Secrétaire général de la CEEAC s’est montré optimiste quant à l’efficacité d’une stratégie basée sur une gestion communautaire de l’information : «Je reste convaincu que notre stratégie va accroitre nos capacités d’intervention en matière de protection des ressources naturelles et des zones de pêche artisanale, de sécurisation des routes maritimes, de lutte contre l’immigration clandestine, le trafic de drogue, la circulation frauduleuse des armes légères, la pollution marine, les navires sous normes…Le CRESMAC veillera particulièrement à garantir une bonne gestion communautaire de l’information, à assurer une surveillance efficace de notre espace maritime et à favoriser une harmonisation de l’action de nos Etats en mer ». C’est donc cette démarche qui justifie l’important matériel électronique et informatique dont est équipé cet immeuble construit par la République du Congo avec un appui multiforme des partenaires de la CEEAC.

Le ministre de l’intérieur et de la décentralisation du Congo, Raymond Zéphirin Mboulou, qui a représenté à cette cérémonie le ministre de la défense nationale, Charles Richard MONDJO, a eu les mots précis pour traduire tout le sens du respect par le gouvernement congolais de l’engagement pris et de l’investissement consenti : « C’est de la mer, a-t-il souligné, que nos Etats tirent une part très importante de leurs revenus, nul n’est donc besoin d’insister sur l’importance de ce centre régional ». Afin de donner un cadre juridique à cette installation du CRESMAC, un accord de siège a été signé séance tenante entre le Secrétaire général du ministère des affaires étrangères de la République du Congo et le Secrétaire général de la CEEAC en présence notamment du ministre de la défense de la république du Tchad, du ministre de l’intérieur et de la décentralisation du Congo et du ministre délégué à la marine marchande de la République du Congo.

Ainsi implanté, le CRESMAC va pouvoir développer sa coopération avec son homologue ouest africain le CRESMAO et la Commission du Golfe de Guinée ; une coopération destinée à se développer au sein du Centre Interrégional de coordination(CIC) dont l’implantation a eu lieu à Yaoundé au Cameroun il y a environ un mois.