Yaoundé(République du Cameroun), le 18 février 2015

Il s’est ouvert ce matin dans la capitale camerounaise un atelier de formation des formateurs sur le thème « Femmes, Violence armée et ALPC », organisé par le secrétariat général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale(CEEAC) et la République du Cameroun avec l’appui du Programme d’appui à la CEEAC en matière de paix et de sécurité(PAPS II) et le Centre pour la paix, la sécurité et la prévention  de la violence armée(CPS-AVIP). Les travaux sont placés sous la direction de madame ACHTA AHMED SENE, experte société Civile à la CEEAC appuyée par  madame NOUNOU BOOTO de CPS-AVIP et madame Justine KWACHU de l’organisation « Femmes dans l’action alternative-WAA).

L’objectif de l’atelier est de contribuer à la mise en œuvre en Afrique Centrale des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU relatives aux femmes et aux conflits armés et de la Convention de Kinshasa sur les Armes Légères de Petits Calibres (ALPC).

Dans son mot introductif, madame ACHTA a insisté sur la nécessité de renforcer la compétence en République du Cameroun des groupes constitués en majorité de femmes à vulgariser les textes et engagements fondamentaux internationaux pour inciter les acteurs concernés (institutions nationales et communautés) à les mettre en œuvre.

Elle a peint la situation de violence armée qui écume certains Etats de notre région et qui constitue un terreau fertile aux nombreuses et graves violations des droits de l’homme et constitue un frein sérieux au développement économique et social.

Répondant à la presse nationale camerounaise, la représentante du secrétariat général de la CEEAC a estimé que l’impact de la violence armée sur les femmes est tragique à double titre : celui de la violation de leur intégrité physique, comme on le constate de manière récurrente et massive dans les zones les plus touchées de la sous-région (Est de la RDC, certaines zones de la RCA, etc.) et en ce qu’il affecte gravement leur capacité à contribuer au bien-être des familles et des communautés. Victimes de la violence, les femmes ne sont plus à même de mener des activités économiques productives ni d’assumer leur rôle dans l’éducation des générations futures.

Pour tenter d’apporter une réponse au fléau de violence, de prolifération et de circulation non maîtrisée des ALPC, les Etats membres de la CEEAC et le Rwanda ont adopté en avril 2010 à Kinshasa une importante Convention qui devrait permettre à l’Afrique Centrale de faire un bond qualitatif en matière de lutte contre la prolifération des Armes légères et de petits calibres.

A l’article 30 de la Convention, les Etats parties s’engagent à dûment associer les organisations de femmes à l’élaboration des plans d’action nationaux devant accompagner sa mise en œuvre.

L’implication des femmes dans cette lutte résulte d’un double constat, à savoir, l’impact de la violence sur les femmes et le faible rôle qui leur est réservé dans les négociations devant conduire au retour à la paix. 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté depuis 2000 une série de résolutions visant d’une part à prévenir les violences contre les femmes dans les conflits et d’autre part à leur permettre de devenir des acteurs à part entière des processus de consolidation de la paix. Sur la base de la résolution pionnière 1325 (2000), le Conseil de sécurité a ainsi adopté :

-         Les résolutions 1820 (2008) et 1888 (2009) sur les violences sexuelles dans les conflits armés ;

-         La résolution 1889 (2009) sur le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.

-         La résolution 2122 (2013)

Ces textes, comme toutes les résolutions du Conseil de sécurité, ont valeur d’obligation pour l’ensemble des Etats, parce qu’elles (01) S’inscrivent dans l’esprit de la Résolution 1325 (2000), du Cadre pour la Reconstruction et le Développement de l’Union africaine, adopté par le Conseil exécutif de l’Union Africaine en juin 2006 et mettent l’accent sur l’importance de tenir compte des vulnérabilités, préoccupations, et contributions des femmes dans les processus de reconstruction post-conflit (para 43-46), et (02) La Convention de l’Afrique Centrale qui, par ailleurs, s’inscrit dans le cadre d’un effort plus large mené au plan international par le Programme d’Action des Nations Unies sur les ALPC adopté en juillet 2001 et décliné au niveau sous-régional par le Programme d’action de Brazzaville en 2003.

Prennent part à cet atelier, que d’aucuns qualifient de très important et venu à point nommé(allusion faite aux conséquences actuelles directes ou indirectes liées à l’agression de Boko Haram contre le Cameroun et le Tchad), les femmes et les hommes venus des quatre coins du Cameroun, mais aussi d’horizons divers : des cadres des ministères, des diplomates, des juristes, des inspecteurs des impôts des représentants des ONG, de la société civile, des confessions religieuses et des organisations de lutte pour la paix.

Les travaux s’étaleront sur trois jours  et prendront fin le vendredi 20 février 2015. 

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