ALLOCUTION DE L’AMBASSADEUR AHMAD ALLAM-MI, SECRETAIRE GENERAL DE LA COMMUNAUTE ECONOMIQUE DES ETATS DE L’AFRIQUE CENTRALE (CEEAC),

A L’OCCASION DE LA CEREMONIE D’OUVERTURE DU CONSEIL DES MINISTRES DE LA XVIème  SESSION ORDINAIRE DE LA CONFERENCE DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DE LA CEEAC

N’Djamena, le 20 Novembre 2014

  • Excellence Monsieur le Ministre de l’Economie, du Commerce de la République du Tchad, Président du Conseil des Ministres de la CEEAC ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres ;
  • Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales ;
  • Mesdames et messieurs les Chefs de Délégations,
  • Mesdames et Messieurs les Experts ;
  • Distingués Invités ;
  • Mesdames et Messieurs ;
    • la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique centrale ;
    • les grandes infrastructures notamment des transports/PDCT-AC et TIC ;
    • l’énergie, l’eau et l’environnement.

Il m’est particulièrement agréable de me retrouver ici dans cette belle ville de N’Djamena, destination privilégiée de l’intégration africaine, et de prendre la parole devant vous à l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Conseil des Ministres de la XVIème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC.

A l’entame de mon propos, qu’il me soit permis de renouveler nos sincères remerciements aux autorités tchadiennes, en tête desquelles Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY ITNO, Président de la République, Chef de l’Etat, son Gouvernement ainsi que les populations de N’Djamena, pour l’accueil et les facilités accordés aux délégations des Etats membres et du Secrétariat Général de la CEEAC à ces importantes assises.

Pendant 4 jours, les Experts de la Commission Consultative ont passé en revue et examiné dans le fond les différents points inscrits à l’ordre du jour dans un esprit constructif. Qu’ils en soient vivement félicités.

Les travaux du présent Conseil des Ministres s’ouvrent dans un contexte crucial pour notre Communauté. En effet, nous sommes à la veille de l’année 2015, qui marque la fin de la première étape dans la mise en œuvre de la Vision Stratégique de la CEEAC à l’horizon 2025, adoptée à Brazzaville en 2007, avec un accent particulier accordé aux domaines prioritaires que sont :

Dans le domaine de la paix et de la sécurité, sans faire l’autoglorification, la CEEAC affiche un bilan globalement positif et encourageant.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Afrique Centrale (COPAX) et ses deux moyens de mise en œuvre que sont le Mécanisme d’Alerte Rapide de l’Afrique Centrale (MARAC) et la Force Multinationale de l’Afrique Centrale (FOMAC) sont dans la phase d’opérationnalisation finale, conformément au calendrier continental fixé par l’Union Africaine.

Grâce à ces acquis, la CEEAC a déployé deux missions de maintien de la paix en République Centrafricaine, la MICOPAX 1 et la MICOPAX 2. De même, dans le domaine de la sûreté et la sécurité maritime, elle a été la toute première Communauté Economique Régionale en Afrique à se doter d’une stratégie de sécurisation de son espace maritime. D’ores et déjà, dans le cadre de la mise en œuvre de cette Stratégie, le Centre Interrégionale de Coordination (CIC) de Yaoundé et le Centre Régional de Sécurité Maritime en Afrique Centrale (CRESMAC) de Pointe Noire sont lancés et ne tarderont pas à être pleinement opérationnels.

S’agissant des infrastructures et de l’énergie, des actions ambitieuses sont également en train d’être accomplies, notamment dans les domaines des infrastructures de transport.

En outre, beaucoup d’autres réalisations du Secrétariat général ont fait l’objet de fructueux débat de la Commission Consultative. Permettez-moi de ne pas y revenir.

Mais nous ne devons pas nous voiler la face, car, en dépit de ces progrès, notre Communauté fait toujours face à de nombreux défis qui appellent des décisions appropriées des Etats membres.

Beaucoup de grands projets d’infrastructure et d’énergie sont malheureusement restés au niveau des études.

Toutes nos difficultés ont pour trame de fond : l’insuffisance des financements alloués au fonctionnement et à l’investissement de la Communauté.

Des foyers de tension existent toujours dans la sous-région. Depuis la XVème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, la situation est restée contrastée. Elle s’est même dégradée dans certains cas, notamment en République Centrafricaine.

Nous ne pouvons omettre les activités terroristes du groupe Boko Haram qui débordent dans notre espace communautaire, notamment au Cameroun dont les autorités ont dû prendre des mesures énergiques et courageuses pour y faire face. Notre Communauté doit leur apporter sa solidarité active, tout comme à l’endroit de la RDC qui fait toujours face à une insécurité récurrente le long de ses frontières Est.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Nous devrions reconnaître que la CEEAC se porte de plus en plus mal, après sa relance intervenue en 1999. Il est temps de passer à la vitesse supérieure pour en faire un cadre d’intégration sous-régionale par excellence en Afrique Centrale.

Je m’engage pour ma part à travailler en étroite collaboration avec toutes les instances décisionnelles de notre Communauté, pour trouver des solutions rapides et durables aux problèmes qui nous interpellent, car un véritable sursaut s’impose à notre Communauté, pour que s’appliquent nos propres décisions. La survie même de notre institution ainsi que de celle de ses Organismes spécialisés en dépend.

Je réaffirme une fois de plus que notre sous-région, qui regorge de ressources énormes, ne mérite pas la situation de précarité actuelle de son organisation d’intégration.

Je réaffirme également que pour relever le défi dans les deux années à venir, notamment pour construire en Afrique Centrale une Communauté Economique régionale viable et forte dotée d’un exécutif adapté aux défis de l’heure, il nous faut engager une réforme profonde, voire une refondation de notre Communauté. Afin d’en garantir la réussite, cette réforme devrait être placée sous la supervision d’un des Chefs d’Etat de la CEEAC.

Dans cette perspective, je préconise la mise en place d’un fonds spécial à doter d’urgence en vue d’assainir la gestion des ressources humaines et financières du Secrétariat général et de mener les actions nécessaires à même de nous conduire vers la réforme institutionnelle d’ici 2017.

En attendant, pour gagner en efficacité et compte tenu des modestes ressources humaines et financières mises à notre disposition, je souhaite obtenir un léger réaménagement immédiat de l’organigramme du Secrétariat général adopté en 2009.

En somme, Mon souhait est de voir les décisions prises et propositions faites à la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement au cours de ces importantes assises déboucher sur la confirmation de la CEEAC dans son rôle, déboucher sur la résolution du problème de financement et, finalement, déboucher sur la construction en Afrique Centrale d’une Communauté Economique compétitive capable d’assurer à ses populations sécurité collective, développement et bien-être.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

A l’heure de la mondialisation et de la globalisation, les Etats de l’Afrique Centrale sont condamnés à mutualiser leurs efforts pour occuper leur place dans le concert des Nations et défendre ensemble leurs intérêts vitaux.

A cet effet, lls doivent valoriser leur diversité et vivre leur communauté de destin dans l’harmonie.

Je ne saurais terminer mon propos sans adresser avec fierté nos félicitations et notre gratitude à Son Excellence OBIANG NGUEMA MBASSOGO, Président de la Guinée Equatoriale, au Gouvernement et au peuple équato-guinéen, pour avoir pris la décision historique, hautement africaniste, d’abriter la trentième édition de la Coupe d’Afrique des Nations de Football (la Can 2015).

Sur ce, je souhaite pleins succès aux délibérations du Conseil des Ministres de la 16ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC.

Je vous remercie de votre aimable attention.