Allocution du Secrétaire Général de la CEEAC devant la Commission Consultative de la XVIe Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC.

N’djamena, 16-19 Novembre 2014

Excellence Monsieur le Ministre de l’Industrie et du Commerce de la République du Tchad, Président en exercice du Conseil des Ministres de la CEEAC ;

Excellences Mesdames, Messieurs les Chefs de Missions Diplomatiques et Consulaires ;

Mesdames, Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et Régionales ;

Mesdames, Messieurs les Chefs de délégation et délégués des Etats Membres de la CEEAC ;

Distingués Invités,

Mesdames, Messieurs,

C’est avec un réel plaisir que je prends la parole à l’ occasion de l’ouverture des travaux de la Commission Consultative de la 16ème Session Ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de notre Communauté se tenant à N’Djaména, ville qui nous a réservé un accueil des plus chaleureux à l’image de son hospitalité exemplaire.

En retour, je voudrais adresser à Son Excellence Monsieur IDRISS DEBY ITNO, Président de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC, au Gouvernement et peuple tchadiens, les remerciements et la gratitude de l’ensemble des délégations des Etats membres et des partenaires de la CEEAC venus prendre part aux présentes assises.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Avant de poursuivre mon propos permettez moi de vous rappeler que notre communauté fût frappée durement par la perte de trois hauts cadres dont Monsieur Roger TCHOUNGUI, Secrétaire Général Adjoint chargé du Département de l’Intégration Physique, Economique et Monétaire, Monsieur Luis OTAVENGA, Traducteur de langue espagnole et Monsieur Dominique MAMPOUYA, ancien Conseiller économique du Secrétaire Général de la CEEAC, Consultant.

Je vous prie de vous lever et d’observer une minute de silence en leur mémoire. (Je vous remercie)

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Depuis la XVème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenue ici même à N’Djamena le 16 janvier 2012 , Le secrétariat Général s’est employé autant que possible à poursuivre les différents chantiers de l’intégration dont les axes stratégiques prioritaires ont été retenus par la 13ème Session de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement réunie en octobre 2007, à Brazzaville, en République du Congo.

En effet, le Secrétariat général de la CEEAC a conduit avec succès quelques actions qu’il me plaît de rappeler ici.

Je pense tout d’abord aux missions que la CEEAC a menées au cours de ces dernières années en République Centrafricaine pour la consolidation de la paix et celles du processus de sécurisation du Golfe de Guinée avec le grand Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEEAC, de la CEDEAO et de la Commission de Golfe de Guinée tenu en mai 2013 à Yaoundé, Cameroun.

L’Exercice Loango 2014 témoigne de l’édification et l’opérationnalisation de notre architecture de paix et de sécurité, puisque désormais il est acquis que la Force Multinationale d’Afrique Centrale (FOMAC) est apte à planifier, à déployer et à conduire des Opérations de paix aux normes retenues par la Force Africaine en Attente.

Le Secrétariat général de la CEEAC a maintenu la Mission de Consolidation de la Paix en République Centrafricaine, à travers la MICOPAX. La situation sécuritaire en RCA devenant complexe, le Conseil de Paix et de Sécurité de l’Union Africaine (UA) lors de sa 380ème Réunion du 17 juin 2013, a pris la décision de mettre en place une nouvelle Mission de paix, dénommée MISCA qui elle-même a transféré ses responsabilités à la MINUSCA le 15 septembre 2014 suite à la Résolution 2149 du 10 avril 2014 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

La CEEAC a également consacré beaucoup de temps à la préparation du processus de sécurisation du Golfe de Guinée. Le projet de Déclaration portant orientation politique sur ce sujet et le projet de Mémorandum d’entente entre la CEDEAO, la commission du Golfe de Guinée, la CEEAC pour la mise en œuvre de la feuille de route découlant de la Déclaration politique, ont été validés par le Conseil des Ministres des deux Communautés, tenu à Cotonou au Benin en mars 2013. Ces différents instruments ont été adoptés lors du Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement tenu en mai 2013 à Yaoundé au Cameroun. D’ores et déjà le CIC de Yaoundé et le CRESMAC de Pointe Noire sont lancés et ne tarderont pas à être pleinement opérationnels.

En outre, le Secrétariat a poursuivi ses actions de soutien aux Etats membres dans la supervision du processus électoral, la mise en œuvre de trois axes du Programme frontière de la CEEAC que sont la délimitation, la démarcation et la Coopération transfrontalière.

Il n’a jamais ménagé ses efforts dans les actions de lutte contre la prolifération des Armes Légères et Petit Calibre, de la réforme du secteur de la sécurité et de la coopération avec les organisations de la société civile en matière de paix.

Dans les autres secteurs, en particulier ceux qui se rapportent aux axes stratégiques prioritaires, il convient de souligner d’une part, la poursuite des travaux des chaînons manquants des routes transafricaines et des liaisons inter-capitales, l’amélioration du transport aérien, l’amélioration/ aménagement des plateformes portuaires et les liaisons ferroviaires vers l’hinterland dans le cadre du Plan Directeur Consensuel des Transports en Afrique Centrale (PDCT-AC).

A ce niveau, il convient de relever les études du Pont-route-rail Brazzaville-Kinshasa et du chemin de fer Kinshasa-Ilebo, la route Ndendé-Doussala-Dolisie et de facilitation du transport sur le corridor Libreville-Doussala-Dolisie-Pointe noire-Brazzaville, le tronçon Ouesso-Sangmélima, étant identifié comme le chaînon manquant de la liaison routière inter capitales Brazzaville-Yaoundé, longue de 1625 km, la route Kribi-Campo-Bata avec la construction du pont sur le fleuve Ntem entre le Cameroun et la Guinée Equatoriale.

Plusieurs études sont en cours de réalisation, particulièrement celle de l’aménagement de la route Ouesso-Bangui-N’djamena et de la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents Oubangui et Sangha - d’autres sont en préparation.

Dans le domaine de transport aérien, les travaux du Secrétariat général ont porté sur la réalisation des objectifs du Plan d’Action, notamment l’’amélioration du cadre institutionnel et réglementaire du transport aérien pour mieux le gérer et l’amélioration de la desserte aérienne entre les Etats membres en vue de faciliter et d’accroitre les échanges afin de renforcer l’intégration des marchés des Etats membres.

Avec l’approbation par la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de 2012 du Programme d’harmonisation des règlementations nationales des Télécommunications/TIC de l’Afrique centrale et du Programme de développement des infrastructures filaires Large Bande des Communications Electroniques de l’Afrique centrale, le Secrétariat général a poursuivi ses actions pour la mise en œuvre de ces deux instruments.

En matière environnementale, les actions de grande envergure ont été menées dans la lutte Anti braconnage, le développement de l’économie verte et la Promotion de l’Economie des savoir-faire traditionnels en Afrique centrale ainsi que dans le domaine de la prévention et la gestion des risques de catastrophes et l’adaptation aux changements climatiques.

Parallèlement à ces axes stratégiques prioritaires, les travaux du Secrétariat général ont également concerné la mise en œuvre du Programme Régional d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle, le suivi de la mise en œuvre de la Zone de Libre Echange non encore effective afin de nous arrimer au calendrier continental, la poursuite des négociations des Accords de partenariat économique avec l’Union européenne, la mise en Programme de Gestion Intégré des Ressources en Eau, l’élaboration de plusieurs stratégies sectorielles (Industrie, Aide au commerce, Statistiques, Migration) pour ne citer que ceux-là.

Dans le domaine de l’intégration Socioculturelle, la CEEAC poursuit ses actions dans le domaine de la santé avec le programme de renforcement et de coordination de lutte contre le VIH/sida en Afrique Centrale, de l’éducation avec les systèmes d’information de gestion de l’éducation et les Pôles Technologiques Universitaires d’Excellence et enfin dans le domaine de Genre dans le cadre de la stratégie de promotion de l’entreprenariat féminin et le renforcement du rôle économique de la femme dans la zone CEEAC.

Au regard de ce qui précède, il y a lieu de relever l’importance des activités du Programme du Secrétariat général qui nécessite la mobilisation de ressources financières et humaines afin d’atteindre les objectifs d’intégration régionale en Afrique centrale. C’est le lieu d’exprimer toute notre gratitude à nos partenaires techniques et financiers qui nous accompagnent.

Distingués invités, Mesdames et Messieurs,

Trois grandes préoccupations demeurent :

-      La première, l’accélération de la réforme institutionnelle de la CEEAC pour sa transformation en une véritable Communauté Economique Régionale d’ici 2017 et ce, en parallèle et harmonie avec la rationalisation des Communautés Economiques régionales du Continent attendue depuis 2007 ;

-      La deuxième, la non-opérationnalisation par la majorité des Etats membres du Mécanisme de financement des programmes d’intégration dénommé « Contribution Communautaire d’Intégration (CCI) » pourtant considérée par nos Etats comme un préalable stratégique ;

-      La troisième, la non-application par la majorité des Etats membres des dispositions relatives aussi bien à la libre circulation des personnes et des biens qu’à celles de la Zone de Libre Echange.

Un véritable sursaut s’impose à notre Communauté, pour que s’appliquent nos propres décisions d’autant que, par ailleurs, de la solution à ces préoccupations dépend la survie même de notre institution ainsi que celle de ses Organismes spécialisés. Notre sous région qui dispose de ressources énormes ne mérite pas la situation de précarité actuelle de son organisation d’intégration.

Pour relever le défi dans les deux années à venir, notamment pour construire en Afrique Centrale une Communauté Economique régionale viable et forte dotée d’un exécutif adapté aux défis de l’heure, je préconise la création d’un fonds spécial en vue d’assainir la gestion des ressources humaines et financières du secrétariat et d’achever la réforme institutionnelle sous la supervision de l’un de nos chefs d’Etat.

Mesdames et Messieurs les Experts,

Pendant quatre jours, nous allons examiner les questions inscrites à l’ordre du jour, préparant ainsi les débats du Conseil des Ministres et les Décisions à soumettre aux Chefs d’Etat et de Gouvernement.

Vos compétences et votre sens élevé de l’intérêt communautaire vous amèneront à bien identifier les conditions permissives de nouvelles avancées, tant les chantiers de l’Intégration sont immenses et complexes.

Pour toutes ces questions, je souhaite que des propositions pratiques soient soumises à l’appréciation du Conseil des Ministres.

Je termine mon allocution en invitant les Experts, délégués des Etats Membres à apprécier les résultats atteints par la Communauté eu égard à sa mission et à ses contraintes afin de faire des propositions au Conseil des Ministres qui permettront à la CEEAC d’accélérer son intégration.

Je vous remercie de votre attention.

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