Bujumbura (Rép. du Burundi) le, 29 janvier 2019 – La capitale burundaise a accueilli les 28 et 29 janvier 2019, la huitième consultation annuelle de préparation et de réponse aux catastrophes en Afrique Centrale, organisée conjointement par le Secrétariat général de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et le gouvernement de la République Burundaise, avec l’appui du Bureau des Nations unies pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA) et d’autres partenaires.

Les représentants de la Protection Civile des différents pays d’Afrique centrale et les sociétés du Mouvement de la Croix-Rouge ont convenu d'accroître la préparation et la réponse aux catastrophes et se sont engagés à renforcer les systèmes d'alerte précoce et à développer un plan de contingence transfrontalier pour la gestion des épidémies centré sur la maladie à virus Ebola. La région lutte depuis des mois contre une épidémie d'Ebola déclarée à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), devenue la pire enregistrée depuis l'épidémie de 2014-2016 en Afrique de l'Ouest.

Les Experts des Etats membres de la CEEAC, les membres du Réseau des Parlementaires pour la Résilience aux Catastrophes en Afrique Centrale (REPARC), les sociétés du Mouvement de la Croix-Rouge et le Président de la Plateforme de la Gestion des Catastrophes pour les pays de la CEDEAO pour ne citer que ceux-là ont pris part aux assises.  

S'exprimant lors de la cérémonie d'ouverture, le Ministre de la Sécurité publique et de la Gestion des catastrophes du Burundi, S. E. M. Bunyoni Alain Guillaume, a rappelé que la Région de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale n’est pas à l’abri des catastrophes et connaît une typologie variée de risques de catastrophes exacerbés par le changement climatique.

« Votre présence aujourd’hui témoigne de la volonté des Etats de la région de l’Afrique Centrale de parvenir, au-delà des indispensables secours immédiats, à une meilleure prévention et diminution des risques auxquels leurs populations peuvent être confrontées, ainsi que le désir d’assurer une meilleure gestion des catastrophes et de la réponse d’urgence aux besoins des communautés les plus vulnérables », a déclaré M. Garry Conille, Coordinateur Résident des Nations Unies au Burundi, avant d’exhorter les gouvernements de l’Afrique centrale à aller plus loin sur cette voie et à véritablement placer la préparation aux urgences au cœur de leur programme d’action et de leurs politiques nationales.

Une vue des participantsFace à l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo(RDC), le Docteur Christian Itama, coordinateur de la réponse à la maladie Ebola de l’OMS à Kinshasa, a informé les participants de la riposte actuelle au Nord-Kivu et des missions d’évaluation et de préparation de l’OMS dans les pays voisins de la région. Les représentants de la Protection Civile de la RDC, de la République centrafricaine et du Burundi ont discuté de leur rôle et de leurs responsabilités dans les efforts de préparation et de la riposte au virus Ebola, soulignant leur implication cruciale dans la communication avec les communautés.

Pour le Représentant du Secrétaire général de la CEEAC, la présente édition de la consultation devrait permettre d’évaluer le niveau de mise en œuvre des recommandations d’octobre 2017 à Brazzaville, ainsi que du plan d’action de Préparation et de Réponse aux Catastrophes, d’évaluer les mesures de préparation et de Réponse en 2018 et de partager les nouveaux outils de préparation et de Réponse aux crises.

« Nous espérons qu’au sortir des discussions de cette rencontre émergeront des axes de réflexion en vue de la mise à jour d’un Plan d’Action sous régional adapté à la mise en place des plans de contingences susceptibles d’adresser les nouveaux défis de gestion des urgences », a martelé M. Dominique KUITSUC au cours de la cérémonie d’ouverture.

Révisitant le Plan d'Action de Yaoundé pour le renforcement de la préparation et la réponse aux catastrophes en Afrique Centrale, les participants ont identifié des activités prioritaires avec des indicateurs à réaliser pendant 2019 et à évaluer le progrès pendant la prochaine consultation régionale.

Les populations de la région de l'Afrique centrale comptent parmi les plus pauvres et les plus vulnérables du monde. Chaque année, la région est touchée par des épidémies et catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme, telles que des glissements de terrain, des inondations, des épidémies, des conflits internes et des mouvements de population. Les participants ont partagé leurs expériences en matière de réaction aux catastrophes et échangé sur les mesures prises pour atténuer l'impact des catastrophes naturelles.

La consultation régionale est organisée chaque année depuis 2010 sous l’égide de la CEEAC avec le soutien de OCHA et de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge.

Les assises de Bujumbura ont duré deux jours et seront suivies de la 7ème Plateforme Afrique Centrale pour la Réduction des Risques de Catastrophes, organisée par la CEEAC avec le soutien de la Banque mondiale.